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Soumis par JPB le lun 03/08/2020

 Anne, une « mère supérieure ».

Un culte particulier qui prend son essor à la fin du moyen-âge a eu et a toujours une ferveur importante : celui de la mère de Marie. Elle est souvent représentée faisant la lecture à la Vierge enfant. Pourtant ni la Bible ni les Evangiles n’en parlent. Dans le Haut Pays pas moins de 4 églises et plus de 20 chapelles lui sont encore dédiées dont la chapelle délabrée de Roquebillière et celle restaurée du Blaquet à Utelle.

En fait le culte de Anne est souvent associé à celui de saint Joachim son époux. Il faut rapprocher son culte tardif de celui d’Anne du livre de Samuel dans la Bible. Elle a conçu, selon son hagiographie, sa fille sans péché. Il faut croire que faire des enfants était un péché qu’il fallait éviter ! D’ailleurs du fait de l’Immaculée Conception de Marie et de sa Mère leur généalogie est difficile à tracer.

L’épisode de son iconographie outre la lecture à la Vierge est sa rencontre avec Joachim à la Porte Dorée de Jérusalem. Mais revenons à cette lecture troublante. En effet l’apprentissage de la lecture aux filles au moyen-âge ne se rencontre que dans les milieux aisés ou nobles.

Que voulait dire cet exemple ? Enseignez la lecture à vos filles pour qu’elles puissent lire les livres religieux du moins c’était ainsi que pouvait se comprendre cette injonction. Il faut dire que l’enseignement des filles comme des garçons n’était pas prioritaire dans la société rurale de l’époque. Ou voulait-on mettre l’accent sur la noblesse de la famille de la Vierge?

Note : N’oublions pas le sanctuaire de Sant’Anna di Vinadio, haut lieu de pèlerinage juste de l’autre côté de la frontière.

JPB