Sospel

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Mise à jour
22-10-2019

Sospel

La région de Sospel possède de nombreux vestiges prouvant la présence de tribus néolithiques puis ligures (silex polis, haches de pierre, traces d'habitats dans des cavernes, sépultures sous tumulus, ossements humains et animaux, poteries, coquillages taillés). Elle est ensuite annexée par les Romains qui terminent la pacification des tribus ligures alpines en 14 avant notre ère. Ils installent à Sospel (Cespedellum / Hospitellum) un important poste militaire. Avec la paix romaine, le christianisme se répand dès la fin du Ier siècle.

Au Ve siècle, la cité est devenue le siège de l'évêché. C'est alors que commence la longue période des invasions barbares (Wisigoths, Lombards) puis sarrasins.

Avec la sécurité revenue, la ville connaît, dès le début du XIe siècle, une économie florissante. En 1095, in loco Cespedelli est cité dans le cartulaire de l'abbaye de Lérins (...Actum in loco Cespedelli feliciter...). À cette époque, la petite cité appartient aux comtes de Vintimille. Située dans un bassin entouré de hautes montagnes, à un carrefour routier qu'empruntent continuellement de longues caravanes de mulets, elle va rester longtemps une place importante. Au XIIe siècle, Sospel obtient ses premières libertés. Elle est alors administrée par des consuls.

En 1258, tout en conservant son statut de commune libre, elle est inféodée aux comtes de Provence et devient le chef-lieu de viguerie du comté de Vintimille et du Val de Lantosque. En 1370, elle prend le parti du pape d'Avignon, et son église est élevée à la dignité de cathédrale (et ce, jusqu'en 1412).

En 1388, Sospel traite avec les comtes de Savoie et passe sous son protectorat conditionnel et conserve ses libertés. Au Moyen Âge, la cité est devenue un centre économique et intellectuel important. Elle est une des plus grandes villes du comté niveau culturel et la deuxième par sa population. Elle est le siège de l'évêché de Vintimille pendant le schisme d'Avignon. Elle est sur le trajet de la principale route du sel reliant Nice au Piémont et, de surcroit, elle accueille tout au long de l’année de nombreux marchés et foires. Elle possède de belles demeures et des rues commerçantes. Ses vieux quartiers témoignent encore aujourd'hui des splendeurs de cette période. Au début du XVIIe siècle, l'ancienne route du sel, un étroit chemin qu'empruntaient les caravanes de mulets pour le transport du sel et autres denrées vers le Piémont, est remplacé par le Grand Chemin ducal qui, via Sospel et Tende, devient l'itinéraire principal entre Nice et Turin. Elle est " comtesse de Castillon et Moulinet".

À partir de 1702, l'Académie des Occupés littéraires attire de nombreux historiens, poètes et chroniqueurs, la cité est alors à son apogée. Son déclin ne commence vraiment qu'en 1794, lorsqu'elle est dévastée par les troupes révolutionnaires françaises et qu'elle devient une simple commune des Alpes-Maritimes. De surcroît, la fréquentation de la Route royale reliant Nice (qui était le seul port du Piémont) à Turin, diminue fortement car elle n'est plus utilisée que pour le commerce local. Sospel, comme tout le comté de Nice, réintègre le royaume de Piémont-Sardaigne en 1814, mais ne retrouva jamais sa prospérité passée. En 1860, elle est de nouveau annexé par la France. Malgré l'ouverture de la ligne de chemin de fer Nice-Coni (Cuneo) en 1928, et une bonne activité agricole et pastorale, l'exode rural amorcé à la fin du XIXe siècle s'accentue après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, agriculture et élevage ont pratiquement disparu, mais grâce à son riche patrimoine artistique et à son site, la ville est devenue un important centre touristique et de loisirs. Au cours des siècles, Sospel a subi de nombreuses guerres et calamités : des épidémies de peste en 1348, 1371, 1374, 1527-1528, 1620, 1632, des inondations en 1331, 1345 et 1346 et des séismes notamment en 1887. À chaque nouveau fléau, les Sospellois construisaient une chapelle ou un oratoire.

Monographie locale:  Sospel : une commune du comté de Nice dans l'histoire- Jean-Pierre Domérégo-Ed. Serre (1980)

Photos LB et JPB.

Sources: Guide historique 2008 et PCAM Flohic 2000 et le site du Cercle du Patrimoine de Sospel

A lire: Nice Historique 1999 N°3

Il existe un livre historique (en italien)  au sujet de Sospel: Istoria della Citta de Sospello de Sigismond Alberti (1728) de 747 pages (consultable en version numérisée) et une petite étude de Robert Latouche (1929).

il y a à Sospel un grand nombre de chapelles dont certaines ont été restaurées récemment.

Chapelle Saint Vincent Sospel (privée)

Chapelle Saint Antoine Ermite Colonnes Sospel

Chapelle Saint Appolonie la Puella Sospel (privée)

Chapelle Saint Dominique La Friguièra Sospel XVIIIe

Chapelle Saint Etienne Sospel Castes XVe

Chapelle Saint Julien Sospel XVe Suez (ruines)

Chapelle Saint Laurent Sambola Sospel XVIIIe

Chapelle Saint Napoléon Piaon Sospel

Chapelle Saint Paul Erc Sospel

Chapelle Saint Philippe Néri Barbone Sospel (1658:ruines)

Chapelle Sainte Ursule Piaon Sospel (1688:ruines)

Coordonnées
43.8779, 7.4491
Zone Géographique
Bévéra
Cartographie ancienne
Carte de Sospel 1866

Carte de Sospel 1866