Sigale

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Mise à jour
20-11-2016

Sigale

Commune d'origine gréco-romaine puis inféodée aux comtes de Provence. En 1144, le village est cité sous le nom "Cigala". Les archives de Sigale conservent une  importante quantité de documents.

Sigale (appelée Cigale et Cigalon) se dédie librement le 19 octobre 1388 au comte de Savoie (dédition de Nice à la Savoie), qui confirme ses privilèges, ses franchises et ses droits.

En 1399, la mésentente entre les Grimaldi de Beuil et le comte de Savoie va amener les premiers à s'emparer du château de Sigale et de Roquestéron. En 1400, le conflit s'apaise et les châteaux sont rendus au comte de Savoie.

La présence d'une fontaine construite en 1583 note une certaine prospérité de l'agglomération à cette époque.

Administrée jusqu'en 1775 par trois consuls élus, un Conseil ordinaire (de douze membres), un bayle (c'est-à-dire d'un "bailli", juge de basse et moyenne justice, librement élu par le Conseil à partir de 1471), assisté d'un lieutenant-bayle, et par divers autres officiers municipaux (trésorier, regardateurs, pacificateurs, etc.), de ces premières magistratures (consuls et bayle) émergera peu à peu une sorte de "noblesse de cloche", dont, à travers les délibérations communales et actes de justice, on peut suivre l'évolution entre 1640 et la première moitié du XVIIIe siècle.

Sigale est  inféodée comme seigneurie en 1651 au sénateur Jean-Baptiste Blancardi (d’une famille originaire de Sospel), puis érigée en comté en faveur du capitaine Annibal Lea en 1664.

En 1722, c'est le chevalier Ottavio Maria Blancardi qui devient comte de Sigale. Après être revenu au domaine royal, le fief est enfin vendu en 1760 à Giuseppe Vittorio Martini Ballayra di Cocconato, censeur de l’Université de Turin . Mais ces inféodations, purement nominales, ne changeront rien aux libertés, aux biens (moulins et domaines) et aux impôts de la commune, qui ne verse aucune redevance féodale. De même le château restera possession du pouvoir central et le bayle, malgré une tentative connue d'intervention du seigneur, continuera de rendre la justice au nom du souverain.

Poste avancé des États de Savoie-Piémont puis de Sardaigne face à la France, Sigale fut, entre le XVIe et l'extrême fin du XVIIIe siècle, une petite place forte commandée par un capitaine-gouverneur. Du fait de sa position, elle fut plusieurs fois envahie par les Français. Outre les deux occupations qu'elle subit sous Louis XIV, la bourgade fut notamment mise à sac en 1793 par le 2ème régiment des Volontaires de Lozère, lors de la conquête du comté par les troupes révolutionnaires françaises. La bourgade, bien plus étendue qu'on ne le croirait aujourd'hui, était également le centre administratif et religieux de sa région, dite '"Vallée de Sigale". Elle était à l'origine dotée de deux châteaux (Sigalon, au nord, et Sigale sur l'actuel emplacement de la Tour de l'horloge), correspondant aux deux villages originels, d'un ouvrage fortifié et d'une enceinte dont les vestiges permettent de se représenter l'extension. Le château était confié par le pouvoir central à un "Capitaine".

La commune cédera à la France une grande partie de son territoire mais elle resta sarde jusqu'au rattachement définitif de 1860.

Photos JPB

Lien: Nice Historique 1949 N°3-4 et Nice Historique 2008 N°3.

Fontaine Sigale (1583)
Clue et Pont routier du Riolan Sigale (XIXe)

Coordonnées
43.8719, 6.9646
Zone Géographique
Estéron
Cartographie ancienne
Carte de Sigale 1869

Carte de Sigale 1869