Saint Sauveur sur Tinée

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Mise à jour
29-11-2016

Saint Sauveur sur Tinée 

Au confluent de la Tinée et de la Vionène, le site de Saint Sauveur est sans doute occupé depuis la préhistoire, mais c'est la période romaine qui, la première, nous a laissé des témoignages d'une occupation permanente. La voie romaine qui reliait Cemenelum (Cimiez) à Ebrodunum (Embrun), les deux capitales successives de la province des Alpes-Maritimes, franchissait la Tinée à Saint-Sauveur.

Au XIIe siècle le cartulaire de la cathédrale de Nice cite Saint-Sauveur parmi les paroisses qui paient une redevance au chapitre de Sainte Marie. Le fief appartient alors, avec l'ensemble des villages de la Haute Tinée, à la puissante famille des Rostaing de Thorame.

Au XIVe siècle, l'un de ses derniers descendants, Pierre Balb, est seigneur de Saint Sauveur, Rimplas, Valdeblore, Marie et Roure. A plusieurs reprises, il se révolte contre le pouvoir central des comtes de Provence. Vaincu, il est privé de ses fiefs en 1392, pour le plus grand bonheur des Grimaldi qui s'accaparent la majorité de ses domaines.
Rattaché directement au domaine comtal, Saint Sauveur évite malgré tout la domination des barons de Beuil et devient commune libre, privilège confirmé par le comte de Savoie en 1404. A la même époque, la paroisse est un prieuré du monastère Saint Eusèbe d'Apt et son desservant est moine de cette abbaye.
 
D'une extrême pauvreté, le village est obligé de s'endetter souvent, notamment pour faire face aux dépenses générées par les guerres incessantes qui ravagent la vallée de la Tinée. En 1639, alors que les forêts communales, sa principale source de revenus, sont totalement improductives, la communauté doit aliéner les édifices banaux qu'elle possédait, le four du Serre et le moulin hydraulique.
 
A nouveau mise à mal par la guerre de Succession d'Espagne, à l'extrême fin du XVIIe siècle, pressurée par le roi de France et par le duc de Savoie, que la faveur des armes faisait régner alternativement sur le Comté de Nice, la commune est forcée d'accepter son inféodation, avec titre de comte, au niçois Jean-François Ghisi en 1700, inféodation décidée par le duc de Savoie au mépris des droits ancestraux du village. Cette inféodation deviendra théorique vers 1730.
Saint Sauveur est à nouveau dévasté en 1744 par la guerre de succession d'Autriche, qui ramène dans la vallée les troupes franco-espagnoles en guerre contre le comté de Savoie devenu, depuis 1721, royaume de Sardaigne. En 1792, les troupes révolutionnaires pénètrent dans le Comté de Nice qui est annexé à la France dont il forme le département des Alpes-Maritimes.

Le village devra attendre son rattachement définitif à la France, entériné par le plébiscite du 19 avril 1860 (Saint Sauveur vote à l'unanimité en faveur de l'annexion), pour se doter d'un immeuble administratif rendu d'autant plus nécessaire qu'il avait retrouvé, avec le Second Empire, son rang de chef-lieu de canton et que la route impériale 205 l'avait désenclavé en 1864.                                     

La déclaration de la Seconde Guerre mondiale conduit à l'évacuation du village menacé par les troupes italiennes, en juin 1940. Deux "Blavets" tomberont pendant les combats de la Libération.
Avec le traité de paix franco-italien de Paris, en septembre 1947, Saint-Sauveur retrouve son intégrité territoriale en récupérant ses alpages et sa forêt. En s'éloignant, la frontière emmène avec elle douaniers et militaires.
Quelques grandes familles issues de Saint Sauveur ont dotées richement l'église: les Ongran, les Blanqui.
 
Sources: www.saintsauveursurtinee.fr et  Saint Sauveur sur Tinée  des Ectini aux Blavets- G. Colletta- Serre 1983 .

Photos: JPB.

-Musées du Four et du Moulin
-Four: la chapelle Saint Antoine de la famille Hongran du XVIIe devint four communal en 1875.
-Moulin à farine: son origine remonte au XVIe, il était actionné par une prise sur la Tinée. Il cessa de fonctionner après la première guerre.

Coordonnées
44.0834, 7.1047
Zone Géographique
Tinée (Moyenne)
Cartographie ancienne
Carte de Saint Sauveur sur Tinée 1866

Carte de Saint Sauveur sur Tinée 1866