Saint Etienne de Tinée

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Mise à jour
22-10-2019

Saint Etienne de Tinée

Une charte datée de 1067 permet d'affirmer qu'un village du nom de “Sancti Stephani Tiniensi” existe et ses terres ont été cédées à la cathédrale de Nice: à l'occasion de la "restitution" par les Rostaing des dîmes à l’évêque de Nice. Le village prendra plusieurs dénominations au cours de l'histoire, en 1860 il est  nommé parfois « Santo-Stefano Monti », puis en 1889 il prend le nom officiel de  Saint-Étienne-de-Tinée.

Au XIIIe siècle, le fief passe aux Faucon (issus des Glandèves et des Thorame). Un document daté de 1297 nous apprend qu’Aldebert de Faucon, coseigneur du fief, a été assassiné et que son meurtrier, Guillaume Galléan a été exécuté et ses possessions confisquées. Au début du XIVe siècle, les frères Rostaing et Guillaume de Faucon, qui portent le titre de Seigneurs de Saint Etienne, sont coseigneurs d’Isola, de la haute Tinée et de Saint Dalmas. Leurs fils respectifs n’ayant pas de descendance, les fiefs échoient en partie à Andaron Grimaldi (vers 1338).

Comme le reste de ce qui allait devenir le comté de Nice, à partir de 1388, le village dépendait des comtes de Savoie, puis ducs de Savoie avant de faire partie du Royaume de Piémont-Sardaigne (comme l'ensemble du comté de Nice) avant son rattachement à la France en 1860. On y vivait replié sur soi-même, en raison des liaisons très difficiles avec les vallées voisines et avec le littoral. Cependant les cols voisins faisaient du village un carrefour.

En 1700, la localité est inféodée à Jean Chinea, pour lequel elle est érigée en comté. En effet, le duché de Savoie étant dans une situation financière catastrophique, Victor-Amédée II vend certain fiefs non inféodés, ne respectant pas ainsi les engagements de ses ancêtres. Les habitants protestèrent mais finirent par reconnaître au duc le droit d’inféodation.

Deux incendies 

En 1594, une troupe de huguenots commandée par Lesdiguières s'empare de la vallée de la Tinée. Le comte de Beuil, gouverneur du comté de Nice, réagit et s'empare du village. Il fait brûler l'église où s'étaient réfugiées des troupes protestantes le 19 juillet 1594. Le feu se transmet aux toits en bardeaux des maisons les plus proches, puis au reste du village. Seul le clocher datant de 1492 a résisté aux flammes...

En août 1929 un terrible incendie détruisit une grande partie de Saint Étienne de Tinée. Le village ne dut sa renaissance qu'à une souscription lancée dans toutes les communes de France et au dynamisme de son maire Maurice Rovery. En reconnaissance de cette souscription, l'une des principales artères du village se nomme "Rue des Communes de France".

A lire:

- Saint Etienne de Tinée- Auron: les chapelles peintes- Christiane Lorgues-Lapouge, photogr. d'Alain Philippon. - Nice : Serre (1993).

- Saint-Etienne-de-Tinée jadis et aujourd'hui: histoire et évolution d'un village frontalier des Alpes-Maritimes- Robert Bourdon; préf. de Luc Thévenon-Paris: Firmin Didot (1991).

Photos JPB et LB

Coordonnées
44.2555, 6.9254
Zone Géographique
Tinée (Haute)
Cartographie ancienne
Carte de Saint Etienne de Tinée 1875

Carte de Saint Etienne de Tinée 1875