Note: Le Saint Suaire

Le Saint Suaire

L'expression « Saint-Suaire » désigne, pour les chrétiens, un linge qui a recouvert le visage de Jésus de Nazareth, ou bien le linceul qui a servi à envelopper son corps après la mort, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs, avant de le déposer au tombeau selon le Nouveau Testament. Le suaire (du latin sudarium, mouchoir pour essuyer la sueur du visage), est le linge recouvrant le visage du défunt, et non le linceul tout entier, mais dans la pratique le terme désigne le linceul.

Les premiers témoins de la Résurrection font allusion au Linceul et au Suaire sans plus. Il faut attendre l'an 348 pour que Saint Cyrille (315-387) fasse allusion au linge mortuaire conservé dans la basilique du Saint Sépulcre. Puis la relique est transférée à Edesse (aujourd'hui Urfa en Turquie d'Asie), elle y sera cachée et redécouverte en 526. Elle  arrivera à Constantinople en 944.

En 1261 les français sont chassés et le linceul disparait. La référence pour les chrétiens occidentaux est le Saint Suaire de Turin. Le Linceul de Turin apparaît en France, en Champagne, dans la petite collégiale de Lirey en 1356, propriété de Jeanne de Vergy. Bien que déclaré faux par les autorités ecclésiastiques au début, il est finalement reconnu par l'antipape Clément VII (parent par alliance de Jeanne de Vergy) en 1390. Sa descendante, Marguerite de Charny, cédera en 1453 à Anne de Lusignan, épouse du duc de Louis 1er de Savoie et mère du bienheureux Amédée IX, la relique qui sera transportée en l'église des Cordeliers de Chambéry. Le Linceul passe entre les mains de la Maison de Savoie pour plus de cinq siècles.

En 1537 le duc Charles III menacé par François Ier se réfugie à Nice avec le linceul qui est devenu entretemps le symbole de la protection de la Maison de Savoie. il y reste plus d'une année. En 1578, le Linceul est transféré à Turin, capitale du duché de Savoie.

Une étape capitale dans l'histoire moderne  de la connaissance du Saint Suaire: l'année 1898, date de la première photographie qui déclenchera les études scientifiques sur le Linceul, car celle-ci révèle que l'image est un négatif.

Le Saint Suaire est lié à l'histoire de la Maison de Savoie et de nombreuses représentations dans les tableaux en témoignent ainsi que les appellations de confréries et chapelles.

Observation: Une autre relique, le voile de Sainte Véronique peut porter le nom de Saint Suaire, voile qui aurait essuyé le visage de Jésus et sur lequel se serait imprimé le visage de Jésus. Conservé au Vatican son origine est très controversée. On relie le nom de Véronique à "vera icon" ou "vraie image".