Note: Le Jaune

Le Jaune

"Le jaune apporte toujours une lumière." Goethe.

Goethe fit une approche subjective de la lumière qui, bien que fausse, se révéla pleine d'enseignement pour l'art même si Newton fut  le premier qui a élaboré la théorie de la décomposition  de la lumière. Notre sensibilité physiologique au jaune fait qu'il est pour l'homme la couleur la plus claire.

L'abondance de terre ocre jaune en fit une des teintes utilisée dès le paléolithique. Connu depuis l’antiquité le minerai orpiment (auri pigmentum), un trisulfure d’arsenic (interdit maintenant pour sa toxicité), le jaune de Naples à base de plomb et d'antimoine ou encore le jaune de plomb (stannate de plomb) ont servi pour obtenir un jaune puissant. On a aussi utilisé le jaune de cadmium, de cobalt ou de baryum.

La variété des possibilités pour peindre en jaune étaient très large: des teintures végétales, comme la gaude (un réséda), le safran (stigmates du crocus), le jaune indien (extrait de l'urine de vache) et même la gomme-gutte (une résine). En fait l'obtention du jaune à partir de minerais ou de végétaux est relativement aisée.

Pour le prestige on eut recours à l'or. Appliqué en feuille d’or, il était bruni par polissage. Il servait à créer des auréoles pour les saints, des fonds dorés (jusqu'au XVe) et pour rehausser un détail. Mais en fait l'orpiment, fabriqué avec du soufre à partir du moyen-âge, était plus accessible.

J.P.B.